La Compagnie Sur le Pont propose des actions artistiques en direction des jeunes publics pour aborder la danse contemporaine dans sa pratique et encourager sa réception dans une démarche sensible. Il est important pour nous d’œuvrer là où il est possible de toucher le plus grand nombre, quel que soit le milieu d’origine. Il nous paraît essentiel de participer aux côtés des équipes éducatives, à l'enjeu majeur de donner aux jeunes les moyens de se situer et de se déployer dans notre monde. L'atelier danse propose de favoriser la construction globale de leur personnalité, de développer leur propre sens artistique, d'aiguiser leur regard et leur écoute, d'ouvrir leur intérêt à l'inconnu et à la création.

Nos parcours d'ateliers se construisent autour de nos spectacles. Il peut s'agir d'une sensibilisation sur un cycle court, d'une collaboration pour déployer des thématiques pédagogiques, ou encore de la création d'une performance sur un temps plus long. C'est un moment privilégié d'échange avec l'artiste, soi-même et les autres. L'occasion de se rencontrer autrement hors de l'espace-temps du quotidien.

La chorégraphe partage son univers et accompagne les enfants dans un processus de création artistique qui permet de fabriquer du commun, tout en laissant place à la singularité de chacun. A la fois précis et ouvert, le dispositif incite chaque participant à s’impliquer à sa manière, quel que soit sa personnalité et son parcours. À partir de règles de jeu corporelles et poétiques, ils élaborent leur propre réponse chorégraphique avec plusieurs compétences possibles : physique, sensible, imaginaire, intellectuelle… Elles privilégient l’expérience vécue par les enfants. En éprouvant leur corps dans la relation à un objet artistique, ils peuvent entrer dans la danse au-delà des a priori éventuels et se dépasser : jouer c'est du sérieux. Il est question d’espace « entre » qui devient espace de jeu, de coopération et de regard partagé.

CAIRN > Danser avec des cailloux ? Célébrités de notre enfance, ils nous captivent dès notre plus jeune âge. Glanés comme un premier trésor, offerts en cadeau à un proche, métamorphosés en pierre magique ou en confident... Matière première facile à trouver, il y a des pierres partout où il y a des humains. On crée des cairns pour s'orienter, des murs pour redessiner l'espace, des pierres de rêves, un palais idéal comme le Facteur Cheval... Rouler comme un caillou, ramasser-donner-lancer un caillou, marcher sur des cailloux, tenir en équilibre, chuter, se déposer, danser avec des cailloux imaginaires dans les mains, faire un tas de cailloux, articuler et danser avec nos os-qui-ressemblent-à-des-cailloux... jouer... imaginer de nouveaux chemins dansants... et rêver d’espaces à bâtir ensemble.

 

SUR LE FIL > D’Ariane aux Parques en passant par les tisserands du monde, le fil fait partie des mythes fondateurs. Autour de cet univers, des gestes fondamentaux nous traversent encore aujourd'hui : tisser, relier, tenir à un fil, perdre le fil, être sur le fil, emmêler, nouer, dénouer, coudre, tirer son épingle du jeu, en découdre... Il y a le fil de notre pensée, celui du temps, de nos relations, de notre à plomb... Ces gestes émergent de nos mains qui depuis le début de la vie nous permettent d’entrer en lien avec le monde et de le transformer, de communiquer au-delà des mots pour exprimer l'invisible ou inventer un langage.

 

MURMUR > « Comment faire danser le mur qui sépare ? (...) Vaste projet. Prendre le mur à bras-le-corps ? (...) Danser dessus ? Comment ça se passe un mur ? Comment nos lieux de passage sont-ils aussi des murs – qui portent, qui soutiennent, qui enferment ? (...) A croire que c’est devant le mur que l’on devient inventif ; devant l’obstacle devenu visible et jouable. C’est au pied du mur de lui-même que l’homme touche à ses limites et au désir de les franchir, de jouer avec, de les danser, de les mouvoir avec son corps » Daniel Sibony

Sur un mur pris comme support physique et symbolique, un jeu plastique et sensoriel se déploie pour faire émerger des danses singulières.